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Coups de coeur, coups de gueule d'une jeune professeur des écoles stagiaire

06 avril 2009

Résistance ... solitaire

Lundi prochain débutera le stages de r*mise à niveau pour les CM1/CM2. Dans notre école, aucun élève se présentera pour y aller car d'une décision commune en conseil des maîtr*s, nous avons décidé de ne pas donner de listes d'élèv*s en difficulté à notre hiérarchie. Jusqu'ici, nous n'avions pas de réponse à notre initiative et j'avais presque oublié ce problème. Enfin, jusqu'à vendredi, jour où les directrices de notre réseau ont été convoquées par l'insp*cteur en chef pour s'expliquer. Jusque là, je ne m'inquiétais pas et ne pensais pas aux sanctions éventuelles. Sauf que voilà, j'ai appris que je risquais un retrait sur salaire et un blâm*. Oui, un blâm* ! Je ne savais même pas ce que c'était voilà une semaine ! Effectivement, un fonctionnaire doit "fonctionner" sinon il est sanctionner. Seulement, jusqu'où doit-on "fonctionner" sans réagir ? A partir de quel moment, le fonctionnaire doit-il laisser au placard le citoyen responsable qu'il est ? Je m'interroge ...
Honnêtement, ces stag*s de remise à niveau sont une grosse fumisterie destinée une fois de plus à faire plaisir aux parents, ravis d'avoir une garde d'enfant gratuite ! Comment des enfants pourraient ils progresser en une semaine ? En plus, je ne pense pas qu'il soit judicieux de supprimer des vacances à des gamins qui le plus souvent vont déjà au soutien* le midi puis à l'accompagnement éducatif le soir ! Les enfants ont le droit à leur vacances. En plus, ce sont souvent des gamins qui n'aiment pas l'école alors l'école pendant les vacances, rien de tel pour achever de les dégouter ! Plutôt que de mettre en place ces stages, qu'il mette plus de moyens en place : des classes moins surchargées (j'ai 26 élèves en ZEP !) et qu'ils arrêtent de supprimer les postes des enseignants qui s'occupent de ces gamins en difficulté !
Donc, face à tout ça, nous sommes maintenant au pied du mur. Nous avons quatre choix : 

1. Rendre une liste d'élèves en difficulté (rentrer dans le rang  ... ) 
2. Rendre une liste avec tous nos élèves (nous sommes en ZEP RAR, ce ne sera pas difficile de tous les mettre)
3. Rendre une liste avec des élèves en difficulté et convaincre les parents de ne pas les envoyer (assez risqué, certains parents pourraient nous dénoncer )
4. Ne rien rendre. ( avec la perspective plus que probable d'un blâme et d'un retrait sur salaire)

L'idée d'avoir un blâme à 24 ans ne m'est pas tolérable. Je refuse de commencer ma carrière avec un blâme et mes collègues le comprennent. Et en plus de tout ça, je vais être convoquée chez l'inspecteur ... ça me fait un peu peur ... Donc les choix 1 et 4 sont écartés. Je penche plus pour le 2, j'aime bien l'idée de faire mon devoir mais de faire chier ma hiérarchie et leur montrer la limite de leur système !

Voilà, je crois que je commence à me rapprocher des 2000 enseignants entrés en "rés*stance" en France ...

Pour mon inspecteur pour qui cette résistance n'est que dés*béissance, je ne résiste pas à donner cette citation de Lucie Aubrac :
"Dans l’idée de résistance, il y a, au départ, une obligation de désobéissance à ce qui parait insupportable."

Posté par Alie à 21:49 - Une année de T1 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    ...

    Comme quoi on est pas si libre que ça en France

    Posté par Lucie, 07 avril 2009 à 18:59

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